Thursday, 15 December 2011

Crise actuelle au parlement turc et la position du CHP

La crise politique qui a suivi l’élection du 12 Juin, continue à s’approfondir sans signe immédiat d’une résolution satisfaisante. La crise s’est présentée après la candidature de plusieurs élus, principalement membres du parti pro-kurde (et affilié au PSE) le BDP (Parti de la Paix et de la Démocratie), et deux adhérents du CHP (le Parti Républicain du Peuple), tous élus en qualité de candidats indépendants pour surmonter les barrières posées par le barrage électoral de 10%. Ces élus ont été accusés de participer dans les complots ultranationalistes du groupe ténébreux “Ergenekon”.

La protestation du CHP consiste dans le refus de prêter serment au nouveau parlement, ce qui implique, par extension, un refus des élus du CHP de prendre leurs sièges au parlement. En effet, cette situation a résulté dans un parlement dominé par le gouvernement qui continue à fonctionner sans opposition effective et qui semble tout-à-fait satisfait de cette situation. La position du CHP est, sans doute, assez faible bien que sa protestation soit justifiée car l’exclusion de la candidature de ces élus, si elle était valide, aurait dû être effectuée avant les élections. En effet, les décisions de la commission électorale, qui avait déjà approuvé la candidature de chaque candidat avant l’élection, ont été déclarées invalides après le fait accompli de l’élection. La voix du peuple a été effectivement ignorée et à la place des candidats élus dans les faits, ils ont été remplacés par les candidats alternatifs de l’AKP sans être soumis à aucun processus de réélection.

Il faut ajouter quant aux élus exclus du parlement, que, bien qu’ils soient accusés de crimes variés, la plupart de ces “crimes” dérivent des particularités du système pénal turc qui reconnaît comme “crimes” plusieurs actes de discours ou d’expression libres qui ne seraient jamais acceptés comme actes criminels dans le contexte européen. Dans le cas de Mustafa Balbay et Mehmet Haberal, membres du CHP accusés d’”ergenekonisme”, les accusations portées sur eux n’ont jamais été prouvées. Il y a un argument assez largement accepté parmi les groupes opposés au gouvernement selon lequel les accusations d’”ergenekonisme” sont plus des assauts tactiques, juste des moyens employés par l’AKP pour la neutralisation de leurs “ennemis” politiques. L’exclusion des élus indépendants (qui sont, pour la plupart, membres du BDP) est plutôt basée sur des discours qu’ils avaient faits relativement à la situation kurde. A cette conjoncture, l’exclusion des voix kurdes du parlement rapporte la menace d’une nouvelle période de terreur et le fantôme d’une guerre civile renouvelée, car ce processus a renforcé la perception des Kurdes selon laquelle le système politique actuel est incapable d’accommoder leurs demandes et aspirations. La frustration qui monte évidemment parmi les kurdes représente un danger clair pour la paix et stabilité du pays. Le fait que le gouvernement ne fasse rien pour apaiser les Kurdes ou même à réfléchir aux conséquences d’avoir annulé la voix d’une grande minorité de citoyens est vraiment inquiétant et pose la question des vraies intentions de l’AKP vis-à-vis des citoyens kurdes.

Pendant cette crise, la réaction de l’AKP a été celle d’adopter, d’une façon consistante, une position apparemment désintéressée et en plus un peu méprisante envers les partis de l’opposition, particulièrement le CHP. Monsieur Erdoğan se moque des autres partis sans hésitation et il est évident que la situation dans laquelle il se trouve lui plaît et marche à son avantage. Dans une de ses premières déclarations sur la situation, le premier-ministre avait dit “soit ils viennent, soit ils ne viennent pas, le parlement fonctionne comme du miel” (İster gelsinler ister gelmesinler, meclis bal gibi çalışıyor). L’AKP se conduit comme un parti sans rival au sommet de son pouvoir et tout-à-fait sans besoin de soutien d’autre parti. Bien qu’ils leur manquent le nombre nécessaire de députés pour effectuer les changements de la constitution qu’ils voudraient faire, ils sentent évidemment qu’ils ont le pouvoir dont ils ont besoin pour continuer à appliquer leur programme sans l’intervention d’une opposition. Et il semble qu’ils croient que ça leur permet le luxe d’une certaine arrogance vis-à-vis des autres partis et des voix des citoyens qui ont voté pour eux.

La situation actuelle au parlement turc est évidemment une source d’inquiétude pour tous ceux qui se préoccupent de la démocratie. Malheureusement, les protestations du CHP, bien qu’elles soient justifiées, ont démontré quelques faiblesses stratégiques du parti. Il est clair que le CHP n’a jamais eu de “plan B” pour se confronter à une situation comme celle actuelle bien qu’on puisse argumenter qu’il soit difficile de la prévoir. La sélection de deux candidats accusés d’être “ergenekonistes” était un acte de méfiance du jeu politique de l’AKP mais on pourrait argumenter qu’il fallait être mieux préparé face à la contre-attaque, qu’on aurait dû devinée. Il semble que le CHP s’est conduit d’une façon naïve et qu’ils ont sérieusement mal jugé leur opposant et son caractère impitoyable et opportuniste. Le CHP se trouve maintenant dans un piège duquel il est presque impossible de s’échapper sans dommage pour la dignité du parti. Si le parti se décide d’abandonner ses protestations et prêter serment au parlement, il sera humilié et l’AKP, sans doute, présentera la situation comme une victoire, ayant “vaincu” le récidivisme d’une opposition impuissante et inefficace mais qui a été bien punie. Et, comme acte de “noblesse oblige” le CHP sera, comme des enfants méchants isolés après avoir piqué une crise de colère infantile, permis de rejoindre l’assemblée des “adultes”. De l’autre côté, si le CHP continue à refuser de prêter serment, ils sembleront de plus en plus marginalisés et inefficaces. La question est, à ce moment, si le parti peut agir d’une façon qui minimise le dommage déjà fait et qui peut réorienter le discours pour que l’AKP se trouve dans le besoin de se justifier et adopter une position plus défensive vis-à-vis de son arrogance vers la démocratie et du dédain aux voix d’une grande partie des citoyens, particulièrement les citoyens kurdes.

Pour l’intérêt de la démocratie, il est essentiel que le CHP adopte une position de solidarité avec les candidats indépendants et qu’il les soutienne pendant ce processus. Dans le passé, il y a eu des attitudes assez rigides parmi une grande partie des militants et des leaders du CHP contre les Kurdes et, l’aile nationaliste du parti n’a pas nécessairement abandonné ces attitudes. Avant l’élection, le CHP était en train de se réformer dans une direction plus proche de la trajectoire normale d’un parti socialiste/social-démocrate selon la tradition de l’Europe occidentale. Une position plus constructive sur la question des citoyens kurdes était incluse dans cette réforme. On espère que ce processus va continuer et qu’il va s’approfondir jusqu’aux racines du parti. Ce qui est en jeu est enfin la paix et la stabilité du pays. Dans les jours qui viennent, les positions prises par le CHP seront déterminantes pour le futur de la démocratie turque et, sans doute, le parti lui-même. Le CHP doit bien comprendre les leçons de cette situation pour qu’il n’en rencontre jamais de similaire. L’AKP est un opposant fort qui a gagné une certaine hégémonie dans la société turque, ce serait une erreur grave de mal estimer la puissance et le savoir-faire de cette force politique. La crise actuelle doit être évaluée comme une espèce d’avertissement, dont le message est clair; pour gagner la lutte contre l’hégémonie de l’AKP, il faut mieux tirer les leçons de stratégie politique.

Réflexions sur la convention du Parti Socialiste Européen à Bruxelles – 25.11 et 26.11 2011

La convention historique du Parti Socialiste Européen qui s’est réalisée à Bruxelles le Jeudi Novembre 25 et Vendredi Novembre 26 était un évènement important pour le mouvement socialiste et social-démocrate européen pour de nombreuses raisons. Parmi les plus importantes, cette convention s’est déroulée dans une période de crises ; pas seulement la crise financière qui menace l’intégration et stabilité de l’Europe mais aussi la crise parallèle politique qui menace l’avenir de la social-démocratie et, éventuellement, la démocratie elle-même.

L’atmosphère de la convention, particulièrement parmi les leaders, était empreinte de détermination face au combat qui approche et même un sort d’optimisme malgré les difficultés immenses qui attendent la gauche avec les échecs politiques récents, en Grèce et en Espagne en particulier. En général, il est clair que les leaders de la Gauche ont compris (bien qu’il semble que ça arrive un peu en retard) que le projet lancé dans les années 1980, par les néolibéraux comme Thatcher et Reagan, d’un marché lâché et libéré des anciennes régulations qui était l’héritage du modèle social-économique, plus ou moins orienté vers la social-démocratie, dominant après la deuxième guerre mondiale, est maintenant en train de menacer les derniers vestiges d’une démocratie déjà affaiblie. La chute du gouvernement grec, et les explications de cet évènement tragique offertes par George Papandréou, démontrant d’une façon exemplaire l’inaptitude totale des politiciens incapables de protéger le peuple qui les avait élus, est enfin un symbole d’une révolution ténébreuse des forces néolibérales contre les victoires sociales des peuples européens et leur lutte historique pour une société plus juste, plus égale et plus démocratique.

La convention, précédée par un conseil ou notre ancien président, Poul Nyrup Rasmussen, a passé le relais au nouveau président, Sergeï Stanichev, ainsi qu’une déclaration de principes communes était formellement adoptée, était divisée en ateliers communs suivis par des conversations dans la grande salle avec les leaders. Les conversations des leaders étaient informées par les rapports soumis à la fin de chaque atelier. Les thèmes de la convention étaient ; une économie juste, une bonne société, une société démocratique et une société égale avec tous ses thèmes débattus dans les ateliers, ouverts à tous les participants et conduits souvent par les représentants des organisations civiles autant que les partis de la gauche, et puis résumés et développés dans les sessions plénières par les leaders. Il est assez clair que les partis de Gauche s’efforcent à développer des liens plus profonds avec les organisations sociales et civiles orientées à Gauche. L’atmosphère général était d’une détermination de refonder la Gauche dans un contexte politique plus large, plus informé et, enfin, plus démocratique.

Bien sȗr, comme avec toutes les entreprises conduites par les organisations larges comme le PSE, il y avait des critiques et plaintes exprimées par plusieurs groupes et individus présents à la convention. Il y avait des accusations d’un manque de consultation suffisante, que les ateliers soient insuffisants et que l’accent soit trop mis sur la direction des élites et fonctionnaires des partis et que les discussions avec les représentants des organisations civiles soient trop limitées avec un soupçon de « création d’image ». Un représentant espagnol de « los indignados » invité à parler dans la grande salle à l’assemblée générale des participants de la convention a illustré ces doutes d’une façon outrée, car il a critiqué avec une force et véhémence imprévu et assez gênante, le PSOE d’Espagne et la social-démocratie en général. Ceci était peut-être la seule maladresse de la part de l’organisation mais elle a exposé quelques uns de nos problèmes quant au projet d’attirer la participation et le soutien politique d’une nouvelle génération en train de se radicaliser mais impatiente et méfiante aux forces traditionnelles de la Gauche.

Après les changements et transformations profondes que le néo-libéralisme a réussi d’imposer sur la culture populaire et les résultats qui sont une culture même apolitique, même cynique avec une peur d’organisation et un égoïsme quasi-anarchiste, les approches classiques du socialisme traditionnel sont confrontées d’un nouvel individualisme avec lequel il faudra nous engager si nous voulons continuer à nous développer comme une vraie force politique viable dans le futur. Ça implique un changement de tactiques pour regagner le respect et la participation, particulièrement de la jeunesse. Une partie de jeunesse considère les socialistes comme, sinon exactement l’ennemi, au moins sans rapport et démodés. Pour le futur de la Gauche, il est essentiel que nous apprenions aussi vite que possible à regagner la confiance et l’imagination des forces qui devraient être nos alliés les plus proches.

Peut-être provoqué par les accusations du jeune indigné, le secrétaire du PSE, Martin Schulz a donné un discours passionné à la fin de la convention ou il défendait les traditions radicales et anticapitalistes de la social-démocratie. Avec une vraie véhémence impressionnante, Genosser Schulz nous a rappelé les raisons pour lesquelles nous sommes de la Gauche et pour lesquelles nous continuons à lutter. L’énergie et l’optimisme dominaient enfin et l’impression finale était qu’une bataille historique avait commencé et que nous étions prêts à faire ce qu’il faut faire pour refonder la politique et regagner la démocratie pour le peuple d’Europe, contre les intérêts du capital financière.

La situation actuelle de la Gauche européenne reste grave sans doute et la tâche à laquelle nous sommes confrontés est grande. La convention a fourni une étincelle d’espoir mais en même temps a démontré la magnitude de ce qu’il faut faire pour nous préparer pour le combat. Certainement, il ne suffira pas si nous ne faisons qu’élire des gouvernements de Gauche bien que ce soit une avancée, parce que le vrai pouvoir ne se trouve plus aux mains des gouvernements élus mais plutôt aux mains des marchés. Pour changer ça, nous aurons besoin d’une politique courageuse et combative et, surtout, unifiée. Les leçons de Grèce, de l’Espagne, du Portugal, et aussi de l’Italie bien que ce soit un gouvernement corrompu de Droite qui a été bouleversé, nous enseignent que le temps des solutions exclusivement nationales sont loin dans le passé. A partir de ce moment, l’avenir de la social-démocratie sera européen ou ne sera pas du tout. Les discours des leaders et les militants du PSE ont rassuré sur le fait que ces leçons ont été apprises et comprises. Il faut espérer que la leçon n’est pas venue en retard.

La Gauche n’a plus le luxe de rester divisée ou creusée dans les débats stériles qui nous ont privé de tant de temps et d’énergie par le passé. Quelque chose bouge et il faut que nous soyons prêts. La Droite profite de la même crise qu’elle a créé elle-même. Elle exploite la peur des citoyens et l’incompétence des gouvernements qui est, en fait, l’incompétence de la politique démocrate elle-même, pour créer une espèce de désespoir et de méfiance à la politique en général, dont la Droite profite par défaut. Cette convention était un cri de guerre, un appel aux socialistes et sociaux-démocrates de s’unir avant qu’il ne soit trop tard. On va voir si cet appel a été bien entendu ou pas dans les mois qui viennent.

Reforming the Left

A striking dilemma facing the Left almost everywhere outside Latin America is that, despite a massive crisis of globalised capitalism and the nakedly ideological bloody-mindedness of neo-liberalism, the Left is largely failing to rise to the occasion. How is it that, in a time of economic meltdown brought on by rampant, neo-liberal (il)logic concerning the desirability of untrammeled free-markets, there has not been a sharp turn to the Left and a call to reassert popular sovereignty once more over the market? Why is the cry of “people before profits” limited to the activists of the street?

There are, of course, a number of reasons for the difficulties of the Left in this period, certainly a massive neo-liberal counterrevolution, picking up momentum since the 1980’s, has transformed our societies in directions that do not favour the Left. It is not only the liberalisation of economics and hollowing out of democratic politics that we need to contend with but also the pervasiveness of economism and individualist culture that have undermined the popular basis for Left activity. The Left parties however have failed to do their part in combatting these trends. In several cases (New Labour and the SPD in the 1990’s are noteworthy examples) Left wing parties have even crossed the battle lines, embracing and deepening the inequalities and injustices of Centre-Right policies. Under such circumstances, there is little wonder that those citizens feeling the squeeze of austerity fail to turn to social democracy for answers; social-democrats are part of the problem.

That however, needn’t be true. Social democrats need to get back to their roots. It’s true that times have changed and we need to rebuild our parties. Reform and renovation are absolutely necessary if we are to remain relevant but the key question is the direction of that reform. What is our core identity? Our origins are clear, social-democrats are the proud inheritors of a long tradition of democratic socialism. The social-democratic tradition is not one of violent upheaval or bloody revolution but is, in inspiration, a path aiming at a politics of transformation. Our goal ought to be a better kind of society in which people feel free, equal with their fellows and unoppressed. Naturally, the circumstances in which we find ourselves are not always ideal, yet the social democratic way, at its best, has always been to make the best of circumstances to achieve improvements to our societies that come closer to bridging the eternal divide between what is and what ought to be.

The Left must become brave, visionary and ready to lead just as it once was. We must realise that, important as it is to win government, state power is not everything. I am pleased to see how the Centre-Left parties have woken up to this fact and are recognising the need to be rooted in communities, to become a part of people’s lives again. There is a need to try to disseminate our politics and reacquire some of the social democratic hegemony that prevailed in the sixties and seventies. We should not be upset when we see the Centre-Right attempting to steal our policy initiatives, this is the greatest sign of victory, a sign that we have succeeded in pulling the political centre leftward so that the Right must accommodate to us rather than the other way around, which has been the case for too long.

The Left must relearn skills it was once a master of, organising and building communities of purpose. We need to have a clear political stance that we are capable of defending, explaining and popularising rather than falling into the trap of following opinion polls and timidly going with the crowd. Given the powerful effects of neo-liberal hegemony in reconstructing the political “common-sense” notions of citizens, there is little to be gained from the Left in merely “going with the flow”.

Our job is not easy and, to be fair, we’ve made some mistakes. The Left needs to reinvent itself. What is crucial is how this is done and which direction we decide to move in. Neo-liberalism has had its day and yet it persists, we need a bold, fighting social democracy to rise up and slay the dragon.

A Message From the PES Convention

The PES convention, a historic gathering of socialist/social democratic activists and leaders, is over. At the end of it all, the feeling is both one of hope and of urgency at the enormity and difficulty of the task ahead. The testimony of fallen leaders such as George Papandreou underlines the desperation of the times we are living in and forces even the most complacent among us to sit up in alarm and acknowledge that we are entering the last stages of a long counter-revolution against the achievements of post-war social-democracy.

However, we need to be honest and start with a big “mea culpa” before proceeding. The truth is, social democrats have not just been the victims of a creeping coup by the markets against the efficacy of democracy, they (we) have, at times, been active collaborators in this process of marketization.

I hesitate to throw accusations of betrayal or stick “Quisling” labels on the foreheads of past leaders or call for some cathartic act of repudiation, this would be unfair. After the conservative (really free-market radical) onslaught of the 1980’s and the ideological confusion brought on in the liberal intellectual war on socialism after the collapse of the counterfeit “real” socialism of Eastern Europe and the USSR, the belief, that so many of our comrades took on, that all illusions in an alternative society must be shelved is absolutely understandable even if tragically mistaken.

Martin Schulz, in his fiery closing remarks at the PES convention, reminded us electrifyingly, in a way that many of us have been longing to hear from our leaders, that we are socialists after all and that socialism remains, at its core, the opposite of capitalism. Capitalism means the rule of capital, socialism means the subordination of the economy to the social through the mechanism of democracy. We are seeing more clearly than ever that these two approaches are irreconcilable opposites.

This, of course, does not mean that there is some prescriptive model of socialism which we are attempting to impose as an alternative to the rule of capital, rather it means that we need to work to create new, flexible and open-ended systems of empowerment through which people can take back control of their lives collectively and individually.

Some comrades in the social-democratic movement prefer to speak of a “decent capitalism”. The remedies they propose to the situation we are in are both reasonable and eminently supportable as a start towards a transformation of our societies. I do not disagree fundamentally with their proposals but I object to the label. By using the label “capitalism”, even “decent capitalism”, we are symbolically agreeing to be limited to the terrain in which our enemies are sovereign. They have their Hayeck to hurl in our faces. “Decent capitalism” seems timid and unambitious as a label. Worse, who is it targeting? It seems like an attempt to win over or plead a case before those forces least interested in decency. The logic of an unfettered market is intrinsically indecent.

If, to reassure a fearful populace, we wish to emphasise our constructiveness, the fact that we are seeking to preserve what is good in what we have built over history, we need to focus not on the repugnant economic system which has always worked against us but on our greatest achievement, which is democracy. We must stress that we want a social and democratic economy. Such an economy, whilst against the rule of capital, is not intrinsically against business or well regulated markets, indeed, nothing has been as bad for most businesses as unfettered capitalism which unleashes destruction on small and medium-sized enterprises especially (not necessarily Schumpeter’s “creative destruction” either). We must be bold enough, as social-democrats, to clearly state that we are for the rule of people (i.e. democracy) and opposed to the rule of capital (i.e. capitalism). Arguments that there are a “good capitalism” and a “bad capitalism” seem naïve and confused and are portrayed as such by our enemies.

The PES convention demonstrated that social-democracy is indeed alive in the 21st century and that it is still capable of producing inspiring ideas and leaders. Now it is time to be both brave and clear. Timid half-measures or a shame-faced socialism not only fail to convince voters, they allow our enemies to walk all over us. We must become the bold, uncompromising defenders of the sovereignty of the people in the face of the arrogance of capital. We should be clear also in naming our enemy; our opponents are not conservatives, they are neo-liberal revolutionaries standing for the rule of the few over the many and it is now the task of socialists and social-democrats to do what needs to be done to reassert the rights of the many over the arrogance of the few.